Escompte

Si tu diriges une petite entreprise, une start-up ou que tu souhaites devenir entrepreneur, tu ne pourras ignorer la gestion rigoureuse de ta trésorerie. Véritable nerf de la guerre des entreprises, la trésorerie est un domaine qui demande à être géré avec beaucoup d’attention au quotidien. Pour bénéficier d’une plus grande latitude en la matière, plusieurs méthodes peuvent être mobilisées. L’une d’elles consiste à pratiquer régulièrement l’escompte commercial avec tes clients. Il s’agit d’un moyen simple et pratique pour être payé plus rapidement. Il te permet également de renforcer ton image auprès des clients, puisqu’une réduction sur leur facture accompagne ce principe de paiement rapide.

Sommaire :

La définition de l’escompte

L’escompte commercial est une solution de paiement qui peut être proposée par un entrepreneur à un client. En échange d’un rabais sur sa facture (dont le pourcentage reste à définir), le client accepte de payer plus rapidement. Ce système est gagnant pour les deux parties puisqu’il permet au client d’obtenir une réduction sur sa facture globale et à l’entreprise d’être payée sous de meilleurs délais. Si tu diriges une société ou que tu souhaites te lancer, il est important de connaître ce système qui te permet de bien gérer tes rentrées d’argent.

Dans les faits, l’escompte est utilisé par les entreprises qui désirent augmenter leur trésorerie disponible. En proposant des rabais de manière régulière aux clients, c’est aussi une manière de les fidéliser et d’entretenir avec eux une relation de confiance. En offrant un escompte au client, il est indispensable de définir le pourcentage de la réduction accordée et la date limite pour payer la facture. Cet accord n’a rien d’obligatoire bien entendu. C’est avant tout une faveur faite par l’entreprise au client, dont elle peut aussi tirer avantage.

Il est important par ailleurs de bien faire la différence entre cette solution, appelée escompte commercial, et l’escompte bancaire. Dans ce dernier cas de figure, l’entreprise va demander à une banque de « racheter » la facture d’un client qui s’est engagé à payer sous une date lointaine. La banque prélève une commission et verse le montant de la facture à l’entreprise, qui peut alors renflouer sa trésorerie dans l’immédiat. On peut donc assimiler l’escompte bancaire à une opération de crédit passée par l’entreprise auprès d’une banque. Elle est possible si les deux parties sont habituées à traiter ensemble de longue date.

Le fonctionnement de l’escompte

Le terme provient du mot italien « scontare » qui signifie « faire une réduction ». Il résume bien le principe de cette solution de paiement, à savoir offrir un rabais au client en échange d’un paiement accéléré. Accorder un escompte à un client implique donc de prévoir une réduction d’un pourcentage donné sur une facture. Pour autant, ce n’est pas une remise à proprement parler : ici, la réduction du montant total de la facture se fait en échange du paiement plus rapide. Un escompte se définit alors par un taux de réduction, un montant calculé en fonction du prix global et un délai de paiement.

D’un point de vue légal, l’escompte n’est pas une mention obligatoire. Il est important toutefois d’en faire une mention claire sur toutes les factures proposées aux clients. Si tu souhaites le proposer, il te faudra indiquer une formule standard comme « escompte de x % pour un règlement au comptant ». Au contraire, une mention (facultative) peut être ajoutée à la facture pour préciser que l’escompte n’est pas possible ici. Pour les entreprises, il est intéressant de pratiquer cette méthode pour paiement anticipé. Il s’agit en effet d’un système d’une grande flexibilité qui permet de gérer au cas par cas les besoins en trésorerie.

fonctionnement escompte
Processus de paiement anticipé

Dans la législation française, il est de coutume de proposer des délais de paiement de 30 ou de 60 jours au moment de l’émission de la facture, ou de 45 jours fin de mois. Ces délais peuvent être trop longs pour les petites entreprises ou les start-up ne disposant pas d’une trésorerie importante. Dans ce cas, un escompte dégressif peut être proposé aux clients les plus fidèles. On peut imaginer par exemple un escompte de 2 % pour un paiement sous 14 jours, qui monte à 3 % pour un paiement en moins de 7 jours. Il faut noter enfin que la réduction proposée n’est validée que si le client paie la facture dans le délai prévu.

Le calcul d’un escompte

Si tu veux utiliser l’escompte au sein de ton entreprise, tu dois être très prudent néanmoins. Un mauvais calcul de l’escompte pourrait en particulier t’être reproché par l’administration fiscale. Une erreur sur le montant déclaré de la TVA peut être considérée comme une fraude. Il est important de bien comprendre la manière dont se calcule un escompte. La chose principale à savoir est qu’ il est à calculer systématiquement sur le montant HT de la facture. Il convient ensuite d’y ajouter le montant de la TVA, à calculer à partir du nouveau montant de la facture incluant la remise.

Pour voir comment se calcule un escompte, prenons l’exemple d’une facture hors taxe de 10 000 euros. L’escompte proposé au client se calcule sur ce montant HT. Avec une réduction de 2 % par exemple, le montant de l’escompte est alors de 200 euros. Le nouveau total HT de la facture est donc de 9800 euros (10 000 – 200 euros). Pour obtenir le montant TTC, il faut ensuite calculer la TVA (à 19,6 %) sur ce nouveau total. On obtient finalement un montant global de 11 720,80 euros pour cette facture. Si le calcul n’est pas effectué de manière conforme, tu seras amené à déclarer une TVA plus importante qu’elle ne l’est en réalité. Aux yeux du fisc, il s’agit d’une fraude passible de sanctions.

Si l’escompte est une solution à privilégier pour les entrepreneurs, c’est avant tout parce qu’il s’agit d’un moyen rapide et aisé à mettre en œuvre pour faciliter les paiements. Dans de nombreux secteurs d’activité, les clients ont pris la mauvaise habitude de payer les factures en retard, ce qui peut avoir un fort impact sur les sociétés dotées d’une trésorerie limitée. Avec l’escompte, tu peux profiter de paiement sous 10, voire 7 jours, ce qui est bien plus pratique pour gérer les activités quotidiennes de ton entreprise. Néanmoins, ce système ne peut pas être généralisé à l’ensemble des factures, dans la mesure où les clients peuvent refuser les conditions proposées.

La différence entre escompte et remise

En mettant en place l’escompte pour les factures de certains de tes clients, tu pourras mieux maîtriser ta trésorerie. Attention en revanche : il ne faut pas confondre l’escompte et la remise. Il est important de comprendre cette différence car ces deux éléments ne s’enregistrent pas de la même manière dans les écritures comptables de ton entreprise. La différence la plus notable réside dans le fait que la remise est une réduction effective, actée directement sur la facture. L’escompte n’est qu’une possibilité de réduction, si le client paie la facture dans les délais indiqués.

Une remise est à appliquer par ailleurs sur la ligne correspondant à un article précis. L’escompte, pour sa part, est à prendre en compte en fin de facture car il concerne uniquement le montant total. Une remise va toujours être enregistrée sur les comptes 609 ou 709. L’escompte concerne quant à lui les comptes 665 ou 765. La remise est une réduction progressive en fonction du nombre d’articles identiques achetés. Ce facteur n’entre pas en considération quand il s’agit d’un escompte : c’est le délai de paiement qui joue alors.

Il est possible de résumer comme suit les différences existant entre l’escompte et la remise. Dans ton entreprise, un escompte est une réduction accordée sur l’ensemble du montant HT de la facture si le client consent à payer avant une date fixée. En général, un délai de 10 jours est proposé pour un taux d’escompte allant entre 2 et 5 %. La réduction n’est effective que si le client finit par payer dans les temps. Si tu souhaites faire une remise à un client, il s’agit d’une réduction immédiate en fonction de la quantité achetée.

Les avantages de l’escompte commercial

Dans une PME ou une start-up, où les liquidités peuvent venir à manquer, il est intéressant d’avoir recours occasionnellement à l’escompte en fonction de l’état de la trésorerie à un moment donné. Pour t’inciter à mettre en place ce système avec tes clients, voici les principaux avantages offerts par ce système :

  • l’escompte commercial permet d’éviter les retards de paiement, qui sont monnaie courante auprès des clients en temps normal
  • proposer des paiements anticipés avec réduction aux clients est un gage de confiance, et un bon moyen pour les fidéliser
  • le taux d’escompte est peu élevé au final (en général de 2 ou 3 %), il justifie donc pleinement d’être payé rapidement en échange
  • un paiement plus rapide est un bon moyen de faire face à des dépenses imprévues ou de réinvestir de l’argent dans l’entreprise
  • l’escompte commercial est une solution pratique et économique pour profiter d’une avance de trésorerie sans avoir besoin de passer par un crédit par exemple

On constate ainsi que ce système possède de nombreux points forts à ne pas négliger. C’est avant tout une manière de contrer les mauvaises habitudes des clients réglant très tardivement leurs factures. Dans un second temps, l’escompte commercial permet de nouer à moindres frais une relation de confiance avec tes clients. Il s’agit d’une solution légale séduisante pour être réglé bien plus rapidement que les délais habituels de 30 ou de 60 jours. Pour ces raisons, les entrepreneurs ont toutes les raisons de s’y intéresser de près.